Orthographe Plus
Publié le 22 juillet 2026
Quel est votre niveau à l'écrit ? (Test 5 min) ✍️
Tu hésites entre fais-le et fait-le ? La bonne réponse, quand tu donnes un ordre, c’est fais-le. Le piège tient à l’oreille : « fais » et « fait » se prononcent exactement de la même façon, [fɛ]. Impossible de les distinguer à l’oral. À l’écrit, tout se joue sur une seule lettre. Voici comment trancher, une fois pour toutes.
Quand tu demandes à quelqu’un de faire quelque chose, tu emploies l’impératif. À la deuxième personne du singulier, celle du « tu », le verbe faire s’écrit fais. Tu accroches ensuite le pronom avec un trait d’union, et tu obtiens la seule forme correcte : fais-le. ✅
La forme fait, elle, appartient à l’indicatif. On l’utilise avec un sujet : il le fait, on fait de son mieux, elle a fait le nécessaire. Elle décrit une action, elle n’ordonne rien. C’est toute la différence entre les deux.
Le réflexe à garder en tête : remplace mentalement par un autre verbe à l’impératif. Si « Prends-le » ou « Dis-le » tient debout, alors tu es bien sur un ordre, et tu écris fais-le. Si tu peux glisser un sujet devant (« il le fait »), c’est l’indicatif, donc fait, sans trait d’union.
Entrons dans le détail, parce que la question fais-le ou fait-le cache deux ou trois subtilités qui expliquent la plupart des erreurs. Que tu poses le doute dans un sens ou dans l’autre, fait-le ou fais-le, la logique ne bouge pas d’un cran.
Beaucoup de gens croient que l’impératif se termine toujours sans -s. C’est vrai pour les verbes du premier groupe : on écrit mange, donne, va, sans -s final. Mais faire n’est pas un verbe du premier groupe, et à l’impératif il conserve son -s : fais.
Voici le moyen le plus fiable de t’en souvenir. À l’impératif, faire reprend très exactement la forme du présent avec « tu ». On dit tu fais, on écrit fais-le : c’est le même « fais », débarrassé du « tu ». Le -s reste, tout simplement parce qu’il était déjà là. Le même genre de piège apparaît avec les verbes en -er, où le -s disparaît à l’impératif : c’est tout l’enjeu de amuse-toi ou amuses-toi.
Retiens une association simple : fais va avec « tu », fait va avec « il, elle, on ». Tu fais, il fait. Dès qu’un ordre s’adresse à une personne que tu tutoies, c’est forcément fais, donc fais-le. Si les terminaisons en -s et en -t te jouent des tours de façon générale, jette aussi un œil à je prends ou je prend et à je sens ou je sent.
À l’impératif affirmatif, le pronom se place après le verbe, relié par un trait d’union : fais-le, fais-la, fais-les, fais-moi, fais-toi, fais-nous. Devant en, la forme reste fais : fais-en bon usage.
Attention à la tournure négative. Là, le pronom repasse devant le verbe et le trait d’union disparaît : ne le fais pas, ne le fais jamais. On n’écrit donc pas « ne fais-le pas ». C’est une erreur fréquente, même chez des gens qui maîtrisent par ailleurs la règle.
Tu ne croiseras jamais fait-le avec un trait d’union dans une phrase correcte. Deux cas seulement se présentent :
Dans ce second exemple, le appartient à « le voisin », ce n’est pas un pronom collé au verbe. Autrement dit, dès qu’un trait d’union apparaît, la seule graphie possible est fais-le.
Dernier point : fait est aussi le participe passé de faire. C’est fait, bien fait, un travail vite fait. Ces emplois n’ont rien à voir avec un ordre. Le vrai coupable de l’hésitation, ici, c’est l’homophonie : fais et fait sonnent pareil, exactement comme dans j’irai ou j’irais ou dans je vis ou je vie. L’oreille ne tranche pas ; seule la grammaire le fait. On retrouve la même logique du participe passé dans j’ai ri ou rit, j’ai réfléchi ou réfléchis et, pour l’accord, dans prévu ou prévue, elle a parlé ou parlée et elle s’est trompé ou trompée. Pour les cas les plus pointus, le site de l’Académie française reste la référence.
Le soir, au moment de souhaiter une bonne nuit, la même hésitation revient : fait ou fais de beaux rêves ? La logique est identique à celle de fais-le ou fait-le. Tu t’adresses à quelqu’un, tu formules un souhait, presque un petit ordre affectueux. C’est donc l’impératif, et on écrit fais de beaux rêves.
La graphie fait de beaux rêves n’est correcte que dans un cas très différent, à l’indicatif, avec un sujet exprimé : « Le bébé dort, il fait de beaux rêves. » On décrit ce qui se passe, on ne souhaite rien à personne.
Un bonus que presque personne ne remarque : dans un français soigné, on écrit de beaux rêves, et non « des beaux rêves ». Quand un adjectif au pluriel se place devant le nom, des devient de. On dira donc de beaux rêves, de grands projets, de bonnes idées. Ta phrase du soir, entièrement correcte, c’est bien : fais de beaux rêves.
Dix phrases, dix pièges. Pour chacune, dis si l’affirmation est vraie ou fausse. La correction suit juste après, ne triche pas.
Correction
1. Vrai. C’est l’impératif : fais-le.
2. Faux. On souhaite quelque chose à quelqu’un, donc impératif : fais de beaux rêves.
3. Faux. Faire garde son -s à l’impératif : fais. Le -s ne tombe que pour les verbes en -er (mange, donne).
4. Vrai. Il y a un sujet (« il »), on est à l’indicatif : il le fait.
5. Vrai. Impératif + pronom : fais-moi, avec trait d’union.
6. Faux. La forme fait-le avec trait d’union n’existe pas. Un ordre s’écrit toujours fais-le.
7. Vrai. Devant un adjectif pluriel placé avant le nom, des devient de : de beaux rêves.
8. Faux. À la forme négative, le pronom passe devant et le trait d’union disparaît : ne le fais pas.
9. Vrai. Fais reste fais devant en : fais-en bon usage.
10. Faux. Il faut écrire « Que fait le voisin ? », sans trait d’union (fait est le verbe, le appartient à « le voisin »).
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La règle de fais-le ou fait-le découle directement de la conjugaison de faire. Voici les deux temps qui t’intéressent.
| Personne | Forme |
|---|---|
| 2ᵉ pers. du singulier (tu) | Fais (et l’ordre : fais-le) |
| 1ʳᵉ pers. du pluriel (nous) | Faisons |
| 2ᵉ pers. du pluriel (vous) | Faites |
| Personne | Forme |
|---|---|
| je | fais |
| tu | fais |
| il / elle / on | fait |
| nous | faisons |
| vous | faites |
| ils / elles | font |
Tu vois tout de suite d’où vient le doute : fais (je fais, tu fais, et l’ordre fais-le) et fait (il fait) se ressemblent à l’oreille mais pas sur le papier. Dès qu’il s’agit d’un ordre adressé à « tu », c’est fais, donc fais-le.
Un petit tableau des réflexes à adopter au quotidien.
À retenir : le principe ne change pas, que tu formules la question dans le sens fais-le ou fait-le ou dans le sens fait-le ou fais-le. Dès qu’il y a un ordre, c’est fais.
Pour finir, cinq phrases dans un registre plus soutenu, où l’impératif prend une couleur particulière. La règle, elle, reste la même : un ordre, donc fais.
Retiens l’essentiel : un ordre s’écrit fais-le, un souhait du soir s’écrit fais de beaux rêves, et la forme fait reste réservée à l’indicatif et au participe passé. Le jour où tu hésites encore entre fais-le ou fait-le, remplace par « prends-le » : si la phrase tient, écris fais.
Annabelle Lambert
Rédactrice « langue française » pour Orthographe Plus
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